L’entretien des têtards était autrefois assuré grâce à l’importance de leur bois pour le chauffage. Aujourd’hui, cet entretien est devenu aléatoire et les frênes ne sont plus émondés régulièrement.
Supprimer trop de branches sur un têtard non entretenu depuis 20 ans provoque un stress important qui affaiblit considérablement l’arbre. La solution la plus appropriée consiste alors à ne couper qu’une partie des branches : les brins latéraux et les plus gros brins.
La prochaine coupe enlèvera le reste, 5 à 10 ans plus tard.
La plupart des frênes têtards existant dans le Marais Poitevin sont aujourd’hui très âgés (entre 80 et 120 ans). Il est donc urgent de pourvoir à leur remplacement.
Les techniques de plantations sont les mêmes que celles évoquées dans la fiche "création des ripisylves". Seul va différer le mode de culture. On peut également favoriser le développement de brins naturels qui se sont installés sur le bord des fossés. Il faudra toutefois que ceux-ci soient bien conformés (tronc droit sur 1,50 m et bonne vigueur).
Dans le cas contraire, il sera cultivé en têtard et devra subir des émondages réguliers pour éviter son évolution en "grand arbre".
La première opération s’appelle l’étêtage et se réalise en hiver lorsque le frêne a atteint 15 cm de diamètre.
Pour des raisons de sécurité, il est fortement conseillé de pratiquer cette opération à 1,50 m maximum du sol. Au-delà de cette hauteur, l’intervention à l’aide d’une nacelle doit être préconisée.
La deuxième opération, l’émondage, interviendra dans un délai maximum de 10 ans. Au-delà, les branches sont trop grosses et la coupe fatigue énormément l’arbre. D’ailleurs, les usages locaux prévoyaient des émondages espacés de 7 à 9 ans (ce qui correspondait à la durée des baux ruraux).
Si ces opérations sont effectuées correctement, la production moyenne d’un arbre têtard est d’au moins un stère de bois de feu à chaque émondage.