La maladie de Lyme, transmise par les piqûres de tiques, contamine aujourd’hui entre 5000 et 10000 personnes par an en France, d’après l’Institut de Veille Sanitaire. La forêt est le principal lieu de transmission de la maladie. Celle-ci aurait été probablement favorisée par l’augmentation des populations de chevreuils, cerfs et sangliers, porteurs de tiques mais insensibles à l’infection. Hormis les zones montagneuses et le pourtour méditerranéen, toutes les régions de France sont touchées et tous les forestiers sont exposés à ce fléau reconnu maintenant comme maladie professionnelle. Les trois quarts des contaminations interviennent de mai à octobre lors d’une morsure de tique du genre Ixodes ricinum pour le continent européen. Une bactérie de la famille des Borrelia (proche de la bactérie responsable de la syphilis) est injectée par la salive de la tique, qui se gorge du sang de l’hôte infesté.
Au début de l’infection, une tache ronde et rouge apparaît en s’élargissant autour du point de morsure durant les jours et semaines suivant celle-ci. Une fatigue grippale peut accompagner ce symptôme. C’est au cours de cette phase qu’il est le plus facile de traiter la maladie. Une semaine de traitement antibiotique du type Amoxicilline suffit à éliminer la bactérie. Sans traitement, cet érythème non douloureux disparaît au bout de quelques semaines jusqu’au stade secondaire de la maladie pouvant apparaître jusqu’à un an plus tard. Les symptômes peuvent alors être divers : arthrite, paralysie faciale, méningite, problèmes cardiaques… Les médecins consultés ne diagnostiquent pas toujours la maladie, car ses manifestations sont très variées. Des analyses sanguines peuvent confirmer la présence de la bactérie et dans ce cas un traitement antibiotique, toujours long, peut être prescrit.
Au stade tertiaire, les problèmes neurologiques et articulaires deviennent chroniques et la maladie est alors très difficile à enrayer.
Il n’existe pas aujourd’hui de vaccin efficace contre les attaques des bactéries Borrelia du continent européen. Il faut donc être très attentif et surveiller toute morsure de tique après chaque séjour en forêt. L’acarien doit être arraché avec une pince à épiler, ou mieux une pince spéciale vendue en pharmacie en l’attrapant le plus près possible de la peau. Il ne faut jamais brûler la tique ou l’asperger d’éther car elle régurgiterait toutes ses bactéries dans l’organisme de sa victime. Le point de piqûre doit être désinfecté à l’alcool et doit être surveillé plusieurs jours. En cas de doute, ne pas hésiter à consulter un médecin pour un éventuel traitement.
Mais la meilleure attitude reste la prévention avant de partir en forêt : porter des vêtements couvrants et un chapeau, que l’on peut pulvériser avec un répulsif aérosol vendu en pharmacie.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc Demené CRPF | 3ème trimestre 2007 | 59 | Environnement |