Le marché du piquet est en constante progression depuis de nombreuses années dès lors que le produit est de qualité. La demande est telle que les producteurs ont du mal à honorer les commandes.
Les principales essences concernées sont le châtaignier et le robinier faux-acacia. Cette dernière est toutefois difficile à trouver car la ressource est très faible en Poitou-Charentes. Les taillis aptes à la fabrication du piquet doivent être âgés (plus de 20 - 25 ans) et présenter des tiges de bonne rectitude. Les défauts tels que roulure et bois rouge sont rédhibitoires. En pratique, ces taillis correspondent à une qualité parquet. Le prix d’achat sur pied est de l’ordre de 3,80 à 4,50 € le stère pour le châtaignier et de 12 € pour le robinier. Si le bois est mis bord de route, les prix sont de 18 à 25 € pour le châtaignier et de 30 à 38 € pour le robinier.
La production est concentrée entre quelques entreprises. Les petits fabricants qui y trouvaient un complément de rémunération se sont raréfiés. Ces unités se sont équipées pour la manutention, l’écorçage, le fendage, l’appointage. Elles exploitent le bois sur pied et/ou l’achètent bord de route. Les produits finis sont vendus à des grossistes, des coopératives ou plus rarement à des particuliers. Les piquets sont livrés par camions entiers, ils doivent être écorcés en bois rond ou fendus et fagottés ou palettisés. Les destinations sont le vignoble, l’élevage et la clôture. Le marché est plutôt régional, mais des pays comme la Belgique et la Hollande sont demandeurs.
Le piquet de châtaignier ou de robinier ne craint pas la concurrence. Les principaux producteurs sont plutôt des collègues et l’entraide est fréquente (passation de commandes, achat – vente de piquets finis). Les piquets faits avec d’autres essences ou d’autres matériaux sont plus chers. Le bois de pin est cassant et nécessite d’être imprégné avec des produits dangereux pour l’environnement. Le marché du piquet galvanisé s’est beaucoup développé ces dernières années, mais l’explosion du prix de l’acier et sa difficulté d’approvisionnement pourraient être un frein à son essor. Le plastique recyclé, outre son coût, semble poser des problèmes de tenue au sol. La mode du piquet d’eucalyptus a été éphémère. Le traitement du bois par la chaleur (bois rétifié) a permis d’allonger la durée de vie du piquet, mais là encore, le prix est un obstacle. Or, la crise du vignoble a imposé aux viticulteurs de faire des économies, c’est pourquoi le châtaignier, beaucoup moins cher, est toujours en vogue.
Pour faire face à la demande, la production doit augmenter. Les entreprises vont encore se moderniser et du même coup améliorer le confort de travail de leurs ouvriers. La manutention du bois se mécanise. La palettisation des piquets doit se développer, car les clients sont équipés d’engins de levage et non pas de grues. Il existe une demande de piquets de grande longueur (jusqu’à 6 m pour un diamètre de 15 à 20 cm), ce qui risque de poser un problème de concurrence avec le petit sciage. Enfin, certains clients soucieux de qualité et de présentation, exigent du bois fraisé, c’est-à-dire, rond et calibré.
Si la vente des piquets ne pose aucun problème, certains fabricants craignent le manque de bois de robinier et d’une manière générale, un approvisionnement de qualité insuffisante.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| André Thillou CRPF | 3ème trimestre 2004 | 47 | Economique |