Les forestiers n’ont appris à faire la différence entre chêne pédonculé et chêne sessile, aussi appelé chêne rouvre, que depuis peu. Il a fallu attendre les conséquences de la sécheresse de 1976 pour que les chercheurs se rendent compte que le dépérissement des chênes n’affectait que le pédonculé, le chêne sessile étant indemne.
Des deux chênes, le pédonculé est sans conteste le plus exigeant. Vis-à-vis de la lumière, ce chêne est une espèce pionnière, une des premières à s’installer sur les terres abandonnées. Dès son jeune âge, il supporte assez mal la concurrence et pour faire du bois de qualité, son houppier doit pouvoir se développer facilement. Du point de vue pédologique, il demande des sols profonds, frais et bien alimentés en eau. Il est très sensible aux sécheresses mais supporte des excès d’eau temporaires. Le pH doit être proche de la neutralité (5 à 7,5).
Le chêne sessile est lui plus rustique et tolérant. Il peut être conduit en futaie dense tout en faisant du bois de haute qualité. Il supporte des conditions de milieu plus contraignantes. Des sols plus acides, moins profonds, plus secs, lui conviennent.
On peut les distinguer sur le plan morphologique. Le critère le plus fiable est le gland. Celui-ci est rattaché au rameau par un long pédoncule pour le chêne pédonculé alors qu‘il est inséré directement pour le chêne sessile. C’est l’inverse pour la feuille. Celle du chêne sessile possède un long pétiole. Chez le pédonculé, celui-ci est très court ; de plus, les feuilles ont deux oreillettes à leur base, des nervures secondaires aboutissent dans les échancrures et sont groupées en bouquets.
L’écorce est plutôt lisse avec des fissures longitudinales donnant de fines lanières chez le sessile. Elle est très grossière chez le pédonculé. Enfin, la cime de celui-ci est composée de grosses branches principales noueuses et horizontales.
Il importe donc au sylviculteur lors d’une plantation de bien choisir l’espèce de chêne et de déterminer celle-ci avant toute opération d’amélioration de ses bois. Toute erreur entraînera de graves conséquences à terme.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| André Thillou CRPF | 2ème trimestre 2005 | 50 | Technique |