Le noyer est un arbre qui développe une grosse racine pivotante dès ses premières années. Le semis est une technique qui assure au pivot une installation optimale. Il est à favoriser particulièrement dans des terrains à forte charge en cailloux. De plus, il permet une réduction du coût de boisement pour le propriétaire désirant réaliser lui-même les travaux.
Avant toute chose, il faut préciser que le semis de noyer ne peut s’envisager que dans le cas des noyers commun (regia) et noir d’Amérique (nigra). La vigueur des noix de noyers hybrides est trop irrégulière ; une sélection en pépinière est alors obligatoire.
La récolte des noix se fait dès leur chute en octobre-novembre. Le brou des noix regia est ouvert ou disloqué dès le ramassage. Cependant, sur les noix de nigra il reste adhérent. Pour s’en débarrasser il suffit de stocker les fruits en tas à l’abri du soleil et du vent. Au bout de 15 à 30 jours, le brou est pourri. On peut alors récupérer les noix et les nettoyer.
Pour faire germer ces graines, on a recours à la stratification. Elle se réalise dans un récipient dont le fond a été percé pour faire office de drain. Il suffit d’étendre 15 cm de sable, d’y positionner une seule couche de noix et de les recouvrir avec 15 cm de sable. Cette caisse ainsi remplie est stockée à l’extérieur, exposée au nord et soumise aux intempéries. Le récipient doit être protégé contre les rongeurs et les cervidés à l’aide d’un grillage à mailles fines. Dès le mois de février des noix vont commencer à s’ouvrir. Mais c’est fin mars début avril que l’on aura le plus grand nombre de noix prégermées. Celles qui n’ont pas germé et dont la radicule est déformée doivent être rejetées.
Le semis se fait sur un terrain très bien préparé. La terre doit être émiettée finement pour ne pas créer de poches d’air. Le dispositif d’installation du semis est le même que pour la plantation c’est-à-dire 4 mètres par 12 mètres par exemple. Les noix sont installées deux par deux pour s’assurer d’une meilleure réussite. Elles sont enterrées à 3-5 cm de profondeur, à 5 cm l’une de l’autre et recouvertes de terre fine. Si le pivot est trop développé il est possible de le pincer avec l’ongle, pour faciliter sa mise en place. Veiller à toujours le placer vers le bas. Une noix semée à l’envers engendre des défauts racinaires préjudiciables à l’arbre.
Afin de limiter les attaques de prédateurs, il est recommandé voir impératif, d’installer les noix le plus tard possible en saison. De plus, on peut les placer dans une petite cage en grillage non galvanisé qui s’auto détruit dès que le plant se développe. Un manchon de grillage plastique de 50 cm de haut, mettra le jeune plant à l’abri d’un coup de dent fatal des rongeurs. L’année suivante, on supprimera le moins vigoureux des deux semis. Il sera coupé en dessous du collet pour éviter qu’il ne repousse.
Le semis demande plus de soins que la plantation. Cependant sur une noyeraie le nombre d’arbres à installer est très faible, il est de l’ordre de 200 par hectare. On peut donc aisément se permettre de « bichonner » un peu plus son boisement.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Isabelle BARRANGER CRPF | 2ème trimestre 1997 | 18 | Technique |