La récente flambée des cours de l’or noir a réveillé un marché qui subissait une lente érosion en France depuis une dizaine d’années : presque 20 % de diminution de la consommation de bois de feu depuis 1995. Une explosion de la demande à l’automne 2005 a pris de court une filière concurrencée par un marché souterrain actif.
Dans le monde, la moitié du bois exploité quotidiennement sert à fournir de l’énergie, notamment pour la cuisson des aliments. Il représente 10 % de l’énergie totale consommée sur la planète. En France, cette part est de 5 %, soit l’équivalent de 8 millions de tonnes de pétrole annuellement. Ce combustible est utilisé à 80 % par des particuliers, le reste servant à alimenter des chaufferies collectives ou des industries valorisant d’abord leurs propres déchets de bois. En forêt, cinquante millions de stères sont exploités annuellement à des fins énergétiques. Presqu’une maison individuelle sur deux possède un moyen de chauffage au bois, pour un besoin moyen annuel de 8 stères. Ceci fait de la France le premier consommateur de bois énergie en Europe. Représentant 51 % des énergies renouvelables de notre pays, le bois se situe devant l’hydroélectricité fournie par les barrages EDF.
Le bois, c’est de l’énergie solaire stockée dans le tronc et les branches des arbres après le processus de photosynthèse dans les feuilles. Sa combustion ne fait que libérer à nouveau dans l’atmosphère le gaz carbonique qui avait été fixé auparavant par les arbres. Cette utilisation ne participe donc pas à l’augmentation constante de ce gaz à effet de serre dans l’air ambiant. Tout ceci n’est évidemment vrai que si les forêts exploitées sont replantées et gérées durablement de façon à fixer à nouveau le dioxyde de carbone avec une nouvelle génération d’arbres.
Cette énergie est propre vis à vis des rejets dans l’atmosphère à deux conditions : brûler du bois sec et ceci dans des appareils permettant une combustion idéale : chaudière turbo ou brûleur à bois déchiqueté par exemple. Le label « Flamme verte » garantit à l’utilisateur un rendement minimum de combustion de 65 % et un faible taux d’émission de gaz polluants. Seuls ces appareils peuvent permettre à l’acheteur d’obtenir un crédit d’impôt sur son investissement. Mais la première condition d’une bonne combustion reste un faible taux d’humidité du bois, que l’on obtient après deux étés de séchage à l’air libre pour du bois en bûches qui descend ainsi à moins de 20 % d’humidité.
Les contraintes liées au chauffage au bois sont généralement acceptées en raison de l’agrément que procure un feu de bois, notamment dans les foyers ouverts, et du prix attractif de cette énergie. Compte tenu de l’augmentation récente du fuel domestique, le prix du Kilowatt heure « entrée chaudière » pour du bois de chêne sec à 15 % payé 43 Euros le stère correspond à la moitié de celui du fuel si le litre est payé 60 centimes. Il ne coûte que le tiers du prix du KWh EDF si l’on y inclut l’abonnement et les taxes diverses.
L’avenir du bois énergie doit inciter tous les propriétaires forestiers à s’y intéresser dans le respect, il s’entend, des règles de sage sylviculture. La demande croissante devrait en ce sens leur permettre de trouver des débouchés à certaines coupes (éclaircie de taillis ou plantations résineuses, …) difficiles à écouler actuellement. La mécanisation de l’exploitation et le développement régional important des chaufferies à bois déchiqueté fourniront un marché à des produits souvent délaissés par les acheteurs. Mais les propriétaires forestiers ne profiteront pleinement financièrement de ces marchés que s’ils s’organisent pour fournir le combustible directement aux utilisateurs.
Depuis quinze ans, certains revendeurs régionaux de bois de chauffage en bûches se sont regroupés en une association. Les adhérents de Qualiflam’bois s’engagent vis-à-vis de leurs clients sur trois points essentiels : respecter l’essence, la quantité et le taux d’humidité annoncés. Tout renseignement et liste des adhérents au : 05.49. 52.23.08.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc DEMENE CRPF | 3ème trimestre 2006 | 55 | Economique |