La nature des sols et le climat de Poitou-Charentes sont particulièrement favorables à la production de truffes. Ce champignon hors normes reste cependant difficile à cultiver. Respecter quelques prescriptions techniques permettra à la trufficulture picto-charentaise de retrouver la place importante qu’elle occupait à la fin du XIXe siècle.
Le choix du terrain est primordial. La truffe est un champignon calcicole (aimant le calcaire), qui nécessite des sols aérés, pas trop compacts, riches en microfaune active. Tous ces paramètres doivent être confirmés par une analyse en laboratoire*. Les sols superficiels ou trop chargés en pierres sont à déconseiller en l’absence d’irrigation. La parcelle à planter devra bénéficier d’un bon ensoleillement.
Concernant le précédent cultural, il importe d’éviter la concurrence d’autres champignons racinaires (mycorhizes). Ainsi, sur anciennes vignes et terrains boisés, la prudence est de mise. Par ailleurs, il faut respecter une certaine teneur en matière organique. Pour la corriger, une culture intermédiaire, à base de sainfoin par exemple, peut être envisagée.
Si votre parcelle entre dans ces critères, vous pourrez alors travailler le sol avec soin, en potets ou par un labour. Les plants les mieux adaptés sont ceux de 1 à 2 ans en conteneurs anti-chignon dont la mycorhization est certifiée par l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ou le CTIFL (Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes). De nombreuses essences sont adaptées à la production de truffes. Les plus communes sont le Chêne pubescent, le Chêne vert ou le Noisetier. La densité de plantation peut varier de 200 à 500 tiges /ha, sachant que plus le sol est profond, plus il faut la réduire. Si vous optez pour une densité élevée, il faudra tailler pour maintenir un bon ensoleillement du sol. Les mycorhizes étant sensibles au froid, il est préférable de faire les plantations en fin d’hiver (février, mars). N’oubliez pas les protections, adaptées au gibier présent, essentiellement lièvres et lapins. Comme toute plantation, une truffière a besoin de suivi. L’herbe reste l’ennemi numéro un. La combinaison d’un entretien mécanique entre lignes et manuel autour des plants est à ce jour la plus satisfaisante des méthodes de lutte, à condition qu’elle soit renouvelée plusieurs fois les premières années.
Des subventions à la plantation existent. Les syndicats des producteurs de truffes en place dans chaque département, sont là pour vous renseigner.
Enfin, une bonne dose de patience sera nécessaire, puisque les premiers fruits de vos efforts n’apparaîtront que 4 à 7 ans après la plantation.
Syndicat des Trufficulteurs de la Charente Président : Jean-Marie Doublet La Brousse - 16170 Bonneville Tél : 05 45 21 61 88 Fax : 05 45 21 65 00 Mél : jm.doublet@tiscali.fr
Association des Trufficulteurs des Deux-Sèvres Président : Christian Soullard 50, rue du Maréchal Joffre - 79800 La-Mothe-Saint-Heray Tél : 05 49 05 02 43 - Port : 06 68 23 96 55 Mél : christian.soullard@sfr.fr
Association des Trufficulteurs de Charente-Maritime Président : Charles Lasalle 14, rue des Tonneaux - 17520 Jarnac-Champagne Tél : 05 46 49 50 99 Fax : 05 46 49 57 33 Mél : Info@domainedestonneaux.com
Association des Trufficulteurs de la Vienne Président : Jacky QUINTARD 1, rue Fontaine - Le Peu de Thay - 86370 Vivonne Tél : 05 49 43 44 59
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Isabelle Barranger CRPF | 2ème trimestre 2009 | 66 | Technique |